Après sa première défaite chez les professionnels, Hugo Morel remontera sur le ring le 19 décembre à Laval. Le Cherbourgeois de 25 ans, battu en mai par le Mexicain Chester Parada Torales alors qu’il visait une ceinture IBO, veut relancer une carrière jusque-là bâtie sur 13 victoires. Mais ce retour n’aura rien d’une revanche immédiate : son adversaire n’est pas encore connu et le combat, sans titre en jeu, doit d’abord lui permettre de retrouver le rythme et de reprendre sa progression.
Dans ses confidences, le boxeur ne cherche pas à maquiller les difficultés qui ont précédé le revers. Une blessure au doigt l’avait privé de sparring adapté, et une double fracture à la main gauche a ensuite compliqué sa reprise. Pour préparer ce prochain combat, il prévoit trois semaines à Bordeaux avec la Team Amani, puis trois autres en Floride. L’enjeu dépasse la seule victoire : il s’agit de transformer l’erreur qu’il reconnaît en apprentissage, sans confondre détermination et précipitation. 🥊
En bref — 📍 Hugo Morel boxera à Laval le 19 décembre, dans un combat de reprise sans ceinture. 🎯 Son adversaire reste à désigner ; une victoire lui permettrait de relancer sa carrière et de remonter dans les classements. ✈️ Sa préparation doit passer par Bordeaux puis St. Petersburg, en Floride. ⚠️ Après des blessures à la main, sa confiance devra s’appuyer autant sur sa récupération que sur son envie de renouer avec le ring.
Hugo Morel prépare son prochain combat après sa première défaite
La défaite contre Chester Parada Torales, le 9 mai, a mis fin à l’invincibilité professionnelle du Cherbourgeois, qui comptait alors 13 succès. Le revers est survenu devant son public, dans un rendez-vous important pour la conquête d’une ceinture IBO continentale : le choc a donc laissé une trace sportive, mais aussi émotionnelle, chez le boxeur et dans son entourage.
Morel explique avoir eu besoin de temps pour accepter le résultat et prendre du recul. Il identifie aussi un facteur concret : sa blessure au doigt l’avait empêché de faire du sparring et de travailler face à un profil comparable à celui de son adversaire. Avec le recul, il juge risqué d’avoir accepté de boxer dans ces conditions, évoquant aussi la nécessité financière qui a pesé dans sa décision.
Cette lucidité est utile, mais elle ne suffit pas à effacer les questions laissées par la soirée de mai. Une préparation perturbée explique une partie du contexte ; elle ne garantit pas que les mêmes difficultés ne réapparaîtront pas. Pour nous, le rendez-vous de Laval sera surtout un premier test de sa capacité à tirer des enseignements de l’échec sans se laisser enfermer par lui.
Une reprise sans ceinture pour retrouver le rythme
Le combat du 19 décembre, organisé à Laval par l’équipe Palatina — avec laquelle Morel est sous contrat jusqu’en 2029 — doit servir à remettre sa carrière en mouvement. Le nom de son adversaire n’est pas encore arrêté, et le boxeur sait déjà que cette rencontre ne sera pas un combat pour un titre : il lui faudra gagner, puis reconstruire sa position avant de pouvoir prétendre à une nouvelle échéance majeure.
La soirée aura pour tête d’affiche Jordy Weiss, engagé dans une demi-finale mondiale. Morel dit ne pas être gêné de ne pas occuper le premier rôle et comprend que Weiss attire l’attention en boxant à domicile. Il se réjouit aussi de découvrir une salle annoncée pour accueillir environ 3 000 spectateurs : pour lui, l’essentiel reste de monter sur le ring et de repartir avec une victoire.
Cette approche a le mérite de ramener le discours à l’objectif immédiat. La « rédemption » ne se jouera pas sur une déclaration ni sur l’affiche, mais sur la manière dont Morel gérera les rounds, son état physique et la pression d’un retour après une défaite marquante.
La préparation de Hugo Morel entre blessures et nouveaux repères
Depuis le gala de mai, le Cherbourgeois a connu un autre coup d’arrêt : fin juin, il s’est cassé la main gauche en glissant dans des escaliers. Il indique avoir souffert d’une double fracture ; il mentionne aussi une atteinte au tendon du cinquième métacarpe gauche, liée à sa blessure au doigt, avec une douleur qui peut encore se faire sentir.
Le calendrier de reprise devra donc tenir compte de ces antécédents. Morel assure que la situation s’améliore, mais un retour sérieux implique de ne pas réduire la préparation à l’intensité des séances : la récupération et la capacité à encaisser le travail de contact seront tout aussi déterminantes. L’envie est là, mais la confiance devra se construire avec des repères physiques fiables.
Son programme prévoit trois semaines à Bordeaux auprès de la Team Amani, où il connaît déjà l’encadrement et pourra travailler avec un groupe d’une douzaine de professionnels. Il envisage ensuite trois semaines à St. Petersburg, en Floride, dans un camp orienté vers la progression technique, physique et nutritionnelle. Le boxeur dit attendre de ce séjour un regard extérieur capable de mettre en évidence des axes d’amélioration et de mieux exploiter ses qualités.
Cette ouverture vers de nouveaux environnements tranche avec son constat sur Cherbourg, où il estime ne pas exploiter pleinement son potentiel. Il pourrait néanmoins revenir dans la Manche durant la dernière semaine avant le combat et garde l’envie d’y boxer un jour à nouveau, notamment dans le nouveau Chantereyne. Pour Laval, la priorité est ailleurs : bâtir une préparation cohérente et prouver que le revers de mai peut devenir un point de départ plutôt qu’un frein.
La chasse sous-marine, une coupure utile pour rebondir
Entre les rounds, Morel a aussi trouvé un moyen de s’éloigner de la boxe : la chasse sous-marine. Il a participé au championnat de France de la discipline et terminé sixième, un résultat dont il parle avec enthousiasme, malgré des poissons manqués lors de la première journée.
Cette parenthèse lui a permis de couper mentalement après la défaite et de retrouver un autre cadre de compétition. Elle ne remplace évidemment ni le travail tactique ni les séances de sparring, mais elle rappelle un trait important de son profil : quel que soit le terrain, Morel dit s’investir à fond. À Laval, cette détermination devra désormais se traduire par une boxe mieux préparée et maîtrisée.